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vendredi, 30 mars 2007

3 - Lu peu de temps avant l'ouverture de ce blog (1)

Milan Kundera, La valse aux adieux.

Dans une ville d'eaux au charme suranné, huit personnages s'étreignent au gré d'une valse qui va s'accélérant : une jolie infirmière ; un gynécologue fantaisiste ; un richard américain (à la fois saint et don Juan) ; un trompettiste célèbre ; un ancien détenu, victime des purges et sur le point de quitter son pays... Un "songe d'une nuit d'été". Un "vaudeville noir". Les questions les plus graves y sont posées avec une blasphématoire légèreté qui nous fait comprendre que le monde moderne nous a privés même du droit au tragique.

"... il est difficile d'imaginer quelque chose de plus glaçant et de plus profond que la légèreté apparente de Kundera."
(Elizabeth Pochoda dans la préface à l'édition américaine)

Voilà pour le résumé. Un extrait, maintenant, juste pour mon propre plaisir, et aussi pour faire découvrir la plume acide de ce magnifique auteur tchèque :

  • Pensez-vous qu'il y ait une différence entre les blondes et les brunes ? dit Bertlef, sceptique sur l'expérience féminine du docteur Skreta.

  • Je vous crois ! dit le docteur Skreta. Les cheveux blonds et les cheveux noirs, ce sont les deux pôles de la nature humaine. Les cheveux noirs signifient la virilité, le courage, la franchise, l'action, tandis que les cheveux blonds symbolisent la féminité, la tendresse, la faiblesse et la passivité. Donc une blonde est en réalité doublement femme. Une princesse ne peut être que blonde. C'est aussi pour cette raison que les femmes , pour être aussi féminines que possible, se teignent en jaune et jamais en noir.

  • Je serais très curieux de savoir comment les pigments exercent leur influence sur l'âme , dit Bertlef d'un ton dubitatif.

  • Il ne s'agit pas des pigments. Une blonde s'adapte inconsciemment à ses cheveux. Surtout si cette blonde est une brune qui se fait teindre en jaune. Elle veut être fidèle à sa couleur et se comporte comme un être fragile, une poupée frivole, elle exige de la tendresse et des services, de la galanterie et une pension alimentaire, elle est incapable de rien faire par elle-même, toute délicatesse au-dehors et au-dedans toute grossièreté. Si les cheveux noirs devenaient une mode universelle, on vivrait nettement mieux en ce monde. Ce serait la réforme sociale la plus utile que l'on ait jamais accomplie.

Je laisse à chacun le soin de faire ses propres recherches sur Kundera et ses goûts. Sachez seulement que, comme toujours, il aborde ici quelques uns de ses thèmes de prédilection : la vie (la grossesse), la mort (l'avortement, le meurtre, le suicide), la persécution dans son pays, l'art, la philosophie, mais aussi la religion, qui est ici quelque peu malmenée, d'ailleurs, par l'Américain qui la vit comme bon lui semble.

Une raison de plus dans ma bibliothèque pour avoir toujours plus envie de visiter Prague (pourquoi pas via Erasmus l'année prochaine ?)

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