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mardi, 22 avril 2008

281 – Du cannabis pour la pleine Lune. *

L’autre jour, pour la modeste somme de £4,99, je me suis offert une belle carte Mikelin de The WORLD (ben oui, personne me fait des cadeaux, alors je me gâte moi-même). Et puis alors j’ai surligné tous les endroits où je suis allée. Ça fait envie de voir du pays, je vous dis que ça. Parce que face à des gens j’ai l’air d’avoir vu plein de trucs (et encore ça dépend des gens, hein…), face au planisphère, un peu moins, fatalement.

Et alors là, pendant que mon bouillon de légumes (deux carottes, trois feuilles de choux, un demi navet, un demi rutabaga, une pomme de terre, une courgette, cinq champignons, un oignon, un litre d’eau, un bouillon-cube – ça c’est pour apprendre al Padre à dire qu’il s’en fiche de mon bouillon, tu vois papa, si tu lis ce message ça t’apprendra à pas vouloir t’intéresser aux détails de mes dîners, bien fait, niark niark niark**) bouillonne, je regarde les pays, et je vois qu’en Inde ils ont mis un petit triangle pour le Taj Mahal, alors qu’à Paris ils n’ont pas mis la Statue de la Liberté, ni la Tour d’Eiffel à New York.***

Et puis vous êtes sûrement tous au courant, mais quand il fait très très froid l’hiver, on peut traverser le détroit de Béring à pied parce que c’est tout gelé. A vue de nez, ça fait à peu près comme Paris-Tours, donc dans les 300 km (à vue de nez, et le mien, en plus, alors venez pas m’enquiquiner pour des chipoteries). Donc ça doit pouvoir se faire à pied, facile. Une dizaine de jours (OK, il fait froid, alors peut-être plutôt douze ou treize, mais est-ce qu’il vous est venu à l’idée que quand il fait froid ça réchauffe de marcher et que bon aussi quand il fait froid, accessoirement, ben on n’a pas forcément envie de s’éterniser, mais plutôt d’arriver de l’autre côté du détroit, donc en Russie***** - vous croyez qu’il y a des palaces à Uelen ?*******) et hop on arrive là-bas.

Du coup je me suis dit (pas bête la gamine !! tiens, qu’est-ce que tu crois ?), que si on pouvait marcher sur le détroit de Béring quand il fait très très froid, on devait pouvoir probablement aussi marcher à d’autres endroits quand il fait très très froid, a fortiori si ces endroits se trouvent un peu plus au nord que le fameux détroit.

Ni une, ni deux, hop hop hop (le sac Bob l’Eponge !) ! j’ai remis les ptits doigt sur le planisphère et j’ai trifouillé jusqu’à trouver l’endroit parfait (tu me connais, quand il s’agit d’explorer, je suis toujours partante !). ******** Eh bien à mon sens, on doit pouvoir aisément se rendre tout au nord (en bus, hein, par exemple) de la Péninsule de Boothia, ou de celle de Melville. Au choix. Donc là, forcément, on a deux solutions :

La première : au bout de la péninsule de Boothia, on traverse l’eau à pied jusqu’à Somerset Island (oui, bon, la carte est en anglais, hein, je vais pas tout traduire non plus, et puis c’est au Canada, alors hein, bon !), y’a pas trois millimètres, et en plus y’a une micro-island entre les deux.

La deuxième : au bout de la péninsule de Melville, on traverse l’eau à pied jusqu’à Baffin Island gauche toute ! bâbord toute ! en prenant soin de marcher vers l’ouest afin de traverser de cette grande île la péninsule de Brodeur.

Arrivé là (ou là, donc, au choix), on se trouve face au Lancaster Sound, qu’on traversera donc à pied, toujours. Pour arriver sur Devon Island, qu’on peut à son tour quitter (toujours à pied, je vous surveille !) pour le Jones Sound, soit en plein milieu, soit en partant de la pointe totalement à l’est de Devon Island pour passer sur la micro-île (un peu plus grande que la micro-île de tout à l’heure) qui est entre Devon et Ellesmere Island.

Alors arrivé sur Ellesmere Island, on a deux solutions : soit on déprime en se demandant ce qu’on fait là, et pourquoi j’ai pas plutôt traversé l’Inde, ça au moins c’est intéressant – oui mais l’Inde, les Européens la traversent depuis (AU MOINS) le XVIIe siècle, je sais de quoi je parle, je te rappelle que je fais mon mémoire sur un des tarés en question - ; soit on songe à rentrer après avoir pris quelques photos (y doit y avoir de la belle aurore boréale là-bas, à mon avis, donc prévoyez en fonction avant de partir, ça serait couillon d’avoir à rester trois mois pour voir ça, ou pire, de le rater parce que vous n’avez que cinq semaines de congés payés par an et que vous les avez toutes prises pour effectuer ce voyage, mais mince vous zavez pas compté les jours de marche à pied avant de partir pour que ça colle avec l’aurore boréale et du coup vous zavez pas posé les semaines au bon moment).

Quand on y pense, y’a en fait une troisième solution : continuer sur la droite vers l’est et filer (à pied, toujours) au Groenland. Dans la mesure où on arriverait à pied, je doute qu’il soit aisé pour les douanes de nous chopper. Auquel cas on appréciera d’avoir trimballé au nez des douanes un gros sachet de beuh pour se le fumer en regardant l’aurore boréale précédemment évoquée.

Voilà, voilà, pas la peine de me remercier, ça me fait plaisir…

 

* Référence culturelle : alors, au choix les camélias de machine, là, ou « Des fleurs pour Salinger » (c’est à ça que je pensais, en fait, j’avoue – et le premier qui me demande le rapport je le bute m’en fiche, je suis bien au-dessus de ça).

** Mais pourquoi les autres aussi doivent subir cette énumération ? Parce que.

*** Je me livre à vous avec mes mots exacts quand j’ai pointé tous les pays de mon petit doigt potelé il n’y a pas cinq minutes. ****

**** Bien sûr que c’est une histoire, vraie, qu’est-ce que vous croyez ??

***** Pourquoi pas dans l’autre sens ? Eh bien parce qu’à mon sens, mieux vaut quitter les Etats-Unis qu’y rentrer, c’est tout. ******

****** Exception faite de New York, of course, Niouillorque je valide à donf.

******* Bande d’ignares.

********(Après dégustation mon bouillon est délicieux.)

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