Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 26 janvier 2008

258

"Les agissements des fedayin nous rabaissent aux yeux du monde... Nous sommes les Irakiens, cousin. Nous avons onze mille ans d'histoire derriere nous. C'est nous qui avons appris aux hommes a rever."

(Yasmina Khadra, Les sirenes de Bagdad)

dimanche, 09 septembre 2007

159 - Nouvelle fiche de lecture.

Je n'ai toujours pas fait de note sur La Cité de la Joie, que j'ai terminé il y a un bout de temps maintenant, et pourtant c'était assez exceptionnel. C'est peut-être pour cela que c'est un peu plus facile de faire une note à la va-vite en rentrant du retour de noces de ma cousine Julie (week-end de mariage mémorable, j'en souhaite des comme ça à tout le monde) sur un joyeux roman (enfin sauf du point de vue de la victime) que j'ai reçu par la poste (mais non dédicacé, cette fois, snif) jeudi matin, et que j'ai lu le soir même avant de m'endormir.

Je veux bien sûr m'entretenir avec vous du Prédateur des Blogs de Michel Brice, alias Babar. Je ne sais pas si ça a un rapport avec le personnage que j'inspire dans celui-ci et dans le précédent reçu (Le Maître de Plieux), mais je préfère le dernier (dans Le Maître de Plieux, Chloé est une jeune fille brune prête à coucher pour devenir une actrice de bas-étage dans un show télévisé navrant, et elle porte tout le long de l'histoire une mini-jupe en skaï...). Dans Le prédateur des blogs, Emmanuelle Le Grais (dont le père se prénome Didier) est une jeune fille de très bonne famille (ça joue au golf...) visiblement et si elle se fait violer dans tous les sens et finit par se découvrir bisexuelle grâce à sa codétenue, dont le patronyme se trouve d'ailleurs (quelle coïncidence ! étonnant qu'elles n'en aient jamais parlé entre elles...) être Didier, ce n'est pas sa faute mais celle du pervers qui la séquestre en la menaçant. De plus quand Emmanuelle est sauvée c'est en grande partie grâce à un séminariste, alors...

Je me demande quand même en quoi ces scènes de viol sont excitantes (déjà dans le premier, ça ne me faisait pas franchement d'effet...). Ca tient peut-être à mon âge, ou au fait que je sois une fille (ou encore sans doute à celui que je ne sois pas un vieux d'un certain âge gravement en manque). Didier, cela fait vendre, vraiment ?

Je conseille bien entendu vivement cette lecture hautement culturescente, à tout majeur bien confirmé (s'agirait de faire de la pub, quand même...). Je vous laisse pour un thé (je ne sais pas si cela va faire beaucoup de bien à mes pieds martyrisés tout le week-end par trois paires différentes de chaussures à talons de 10cm, mais à mon moral et ma fatigue, très certainement. Un ptit film et au dodo !

A très bientôt !

jeudi, 09 août 2007

140 - Quoi lire ??

Oui, je sais, je devrais plutôt penser à mes livres pour mon futur mémoire. Mais voyez-vous, je ne vais pas les lire dans le bus, ces livres, et il me faut de la diversité à moi.

Donc :

Stefan ZWEIG, Le monde d'hier.

Oui, je sais, c'est pas gai, mais bon, il faut bien combler la lacune...

Je m'adresse à vous, lectorat varié, et compte sur vous pour me donner des idées !! (et j'aime pas les trucs mielleux et/ou niais, je le dis tout de suite...)

lundi, 30 juillet 2007

116 - JE SAIS TOUT !!!

Et voilà, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, hier soir à minuit et demie, j'ai achevé la lecture du dernier tome d'Harry Potter and the Deathly Hollows (comme Pénélope, probablement). C'EST TROP D'LA BALLE QUI DECHIRE TROP SA RACE !!! Bon, évidemment, je ne peux rien dévoiler, sinon je me fais jeter une fatwa sur moi direct (il FAUT craindre la colère des potterophiles, cf. ça - voir les planches des 23 et 25 juillet 2007). Mais bon, je peux pas trop m'en empêcher, quand même, Poudlard, quoi, POUDLARD !!! Ah la bataille finale (ça je peux le dire, on le sait dès le début du 1 qu'il y aura une confrontation finale), et alors, ça tombe comme des mouches !! Et "snog", ça veut dire "rouler une pelle" (merci à James d'avoir prononcé ce mot pour que j'en cherche la signification). Bref, c'est trop top, comme les crumbles (et bof moyen vivement l'film, parce que bon, là, un peu peur qu'ils nous l'massacrent). Mais QUAND MÊME : BLIMEY, HARRY !! YOU FUC****  W***** !!! You D**  ** !!!! (là, les étoiles elles sont obligées, sinon on comprend et je me fais massacrer...

jeudi, 26 juillet 2007

114 - Que les anges chantent bien haut...

Car j'ai reçu THE livre : Harry Potter and the Deathly Hollows, de J.K. Rowling, des fois que quelqu'un aurait un doute. Bizarrement, il est arrivé avant l'Histoire de l'Inde moderne, 1480-1950, de Claude Markovits (que je n'ai pas encore commandé) : est-ce ma faute à moi si (frais de port compris) HP7 ne coûte que les deux tiers du prix de l'Histoire de l'Inde ?? Non. (En revanche, no comment sur Crudities et Greetings... de Thomas Coryate que j'ai depuis plus d'un mois et demi, et que je n'ai toujours pas terminés...)

Je vais donc utiliser mes 20 dernières minutes avant de repartir travailler pour commencer HP7, même si j'ai la trouille de ne rien comprendre (note pour moi-même : si je trouve Harry Potter en anglais plus difficile à lire qu'un auteur du XVIIe, m'inquiéter pour l'année qui va suivre).

dimanche, 22 juillet 2007

109 - MSN Vidéo a bien fait son boulot...

J'ai craqué, ça je le savais, de toute façon, que je finirais par le faire, et en plus je vous le dis alors que je sais que TOUS mes lecteurs adorés détestent ce genre de trucs : j'ai commandé le dernier Harry Potter en anglais via Amazon (Didier : pas de critique, z'avez qu'à écrire vos BM plus vite et plus souvent, si vous voulez que je lise de la bonne littérature au lieu de me perdre dans la fange des HP).

Et pour faire bonne mesure, comme j'écoute en boucle depuis le début de l'après-midi (j'ai l'étrange capacité de ne pas me lasser des choses que j'aime) les extraits d'un concert de Michael Bublé diffusés généreusement sur MSN Vidéo, j'ai commandé à la Fnac ses deux albums "It's time" et "Call me irresponsible". Eh oui, j'en ai marre de ne pas pouvoir dépenser de sous sous prétexte que je dois en mettre de côté pour l'année prochaine. Si on ne peut même plus se faire plaisir, a fortiori quand on est malheureuse et que c'est à ce moment-là qu'on en a le plus besoin... Alors je vais me gaver de la voix de ce Canadien bourré de charme qui se la joue, certes, mais surtout chante "hachement bien" plein de chansons que j'adore ("I've got the world on a string", "Feeling good", "Save the last dance for me", etc.), en lisant Harry Potter and the Deathly Hollows. And Fuc**** fuc* à ceux à qui ça ne plaît pas, isn't it ?

Et demain, après ma séance de kiné avec mon kiné canon,  je suis invitée à dîner chez J. Vais sûrement en repartir effondrée, mais c'est pas grave, soyons fous, faisons-nous du mal...

QUESTION : Est-ce que je dis à la remplaçante de ma kiné habituelle que finalement mercredi midi ça va pas être possible et que je préfère le soir, histoire d'avoir droit à une séance de plus avec le plus sexy kiné du monde ? (j'en suis totalement incapable, bien entendu : beaucoup trop timide...).

lundi, 16 juillet 2007

101 - Les ligériens en force...

... dans la littérature cochonne "érotique de gare" :

d05e92d9df6f9c6d8ea84ad6fdcfcdd9.jpg

Je ne m'essaierai pas à la dissertation-dissection de cette magistrale oeuvre qu'est Le maître de Plieux de Michel Brice, dans la mesure où Madame de Véhesse s'est déjà formidablement exécutée dans ce genre. Je me contenterai de donner mes bien fades appréciations, aux innombrables incultes que vous êtes, si vous n'avez pas lu ce chef-d'oeuvre. En effet, on voit dans Le maître de Plieux un Michel Brice au sommet de son art : l'intrigue est percutante, les personnages fouillés et complexes, aux influences diverses et bien marquées. Néanmoins, une évidence nous saute aux mirettes assez rapidement : bien que l'ouvrage fasse honneur au Gers, on ne peut s'empêcher de remarquer que les personnages sont en grande partie inspirés de personnes assez connus vivant en... Touraine ! Eh oui ! En effet, où Michel Brice, écrivain pourtant pourvu d'une imagination débordante (oserai-je dire "encore infantile" ?) ne pouvait ne pas intégrer à son dernier opus en date les découvertes vitales qui se sont offertes à lui ces derniers mois. Mais de peur, peut-être, de paraître trop impressionné par ce que nous représentons, il n'a pas encore oser situer son intrigue au coeur de cette magnifique région qu'est la Touraine, habitée de ses fantastiquement brillants Tourangeaux.

Les personnages, disais-je, sont fabuleux. En raison de son grand âge, je me vois bien obligée de parler en premier lieu de la juge Danielle, dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle est encore bien verte. Le vilain (pas le méchant, qui, lui, rappelle étrangement Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom-dans-la-blogosphère) trouve son nom grâce à un professeur renommé en la faculté de Tours. Quatre des personnages sont tout bonnement réels, mais personnellement, ai-je à vous dire que pour moi le personnage le plus abouti (et de loin) est la quasi-héroïne Chloé Lableux ? Si l'on exclue l'aspect physico-vestimentaire (la pauvrette est brune, et apprécie visiblement un peu trop les mini-jupes "en skaï", mais bon, je suppose qu'il faut vendre les livres...), sa personnalité fort labyrinthesque est tout bonnement très imposante. Elle est la clef de l'affaire, amie intime de l'homosexuel refoulé Jérémy qui se fait trancher les coui*****, et c'est bien fait pour lui, l'avait qu'à pas être homo, si il l'avait demandée en mariage ça ne se serait sûrement pas passé comme ça malheureusement pour lui sauvagement exécuter selon des rites païens moyen-âgeux dès le premier chapitre (que c'est palpitant !!).

Enfin, comment ne pas dire un mot du portrait très avantageux que Michel Brice fait de l'écrivain de renom qu'est Renaud Camus : bien que n'ayant toujours pas réussi à me convaincre de lire ses livres, il a réussi à me le faire respecter (ce qui ne doit pas être vraiment réciproque, par contre alors Monsieur Camus, si vous lisez cette piètre note un jour, je vous prie de croire que je ne suis pas du tout comme la Chloé Lableux du livre - d'abord je suis blonde -, et que je suis en fait beaucoup "plus sage que celle qui gambade dans ce méchant petit livre" qu'est Le maître de Plieux).

dimanche, 03 juin 2007

75 - A propos de livres...

Bien, comme je ne pubie toujours pas ce malheureux questionnaire sous le foireux prétexte que je n'arrive pas à réduire les listes à 4 ouvrages à chaque fois, je vais faire un truc que je fais très dans ce genre de situations (et aussi aux jeux de société) : je vais tricher. Voici donc la liste tellement attendue, amusez-vous donc à me démolir, m'en fiche, moi j'm'amuse...

9a12556ac3564ec1edc159bb813b496e.jpg

Les 4 livres de mon enfance :

Le bon gros géant, de Roald Dahl
Les Enid Blyton (Club des Cinq, principalement)
Georges Chaulet, la collection entière de Fantômette
Caroline Quine, la série des "Alice"
Tous les livres de la Comtesse de Ségur (avec une préférence pour Le Général Dourakine et La fortune de Gaspard).

 


5c6ef822e2c2d023d2fcf647ed374af2.jpgLes 4 entre enfance et adolescence (transformés en tous les auteurs que je n'arrive pas à départager et dont la liste n'est pas du tout exhaustive) :

Agatha Christie
Voltaire
Marivaux
Stefan Zweig
Racine
Marcel Proust
Guy de Maupassant (surtout les nouvelles)
Henri Troyat (romans historiques)
Edgar Allan Poe

 d4aba51df79e463d45e090d5ecbc39c7.jpg
Les 4 que je relirai encore et encore :

Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig (et je fais l'effort de ne pas me contenter du nom de l'auteur)
Tristan et Iseult (de Béroul de préférence mais pas de chichis, Thomas et la saga norroise sont acceptés).
Le livre du rire et de l'oubli de Milan Kundera
Jane Eyre de Charlotte Brontë (que je relis effectivement à peu près régulièrement, tous les 5 ans environ).






Les 4 que je ne relirai jamais :

Raymond Queneau, Les fleurs bleues
Franz Kafka, La Métamorphose
Eugène Ionesco, La cantatrice chauve
Jean Genet, Les bonnes
Et en fait tous les livres de ces quatre auteurs...

Les 4 premiers livres de ma liste à lire :

Le récit du voyage de Thomas Coryate chez le Grand Mongol
Pour le reste, bizarrement, pas d'idées (alors que d'habitude je ne cesse de remplir ma liste sur excel).
Ah si, l'Histoire du Diable de Robert Muchembled (depuis le temps...).

Les livres que je suis en train de lire :

Question piège, mais le guide Lonely Planet New York Citiz, puisque je pars vendredi. Je traverse en fait une phase très bizarre où je n'ai pas goût à la lecture (mais je peux quand même mettre Siddharta de Hermann Hesse, puisqu'il est en cours).


Les 4 livres que j'emporterais sur une île déserte :

Le seigneur des Anneaux et tout ce qui va autour (le Silmarillion, particulièrement)
Tristan et Iseult de Béroul
Le Joueur d'Echecs de Stefan Zweig
Hatschepsout de Pauline Gedge

Et comme je ne suis pas une tricheuse de pacotille, j'ai rajouté deux catégories :

Entre adolescence et début d'adultisme (tous les livres qui sont lus pendant l'enfance, mais que je n'ai découvert qu'autour de la vingtaine, aussi étonnant que cela puisse paraître) :

Le seigneur des Anneaux
Les chroniques de Narnia
Harry Potter
(qui avaient d'ailleurs été le sujet d'un rêve (avec star wars) dans lequel on me proposait d'étudier dans le cadre de l'enseignement d'une UEL la notion d'histoire dans les sagas.)
Les livres de Christian Jack

Ceux que je n'ai jamais terminés (et que je ne terminerai jamais, je pense) :

De la Terre à la Lune, de Jules Verne (alors que je n'ai eu aucun mal à terminer tous les autres).
L'Epuisant Désir de ces choses, du sieur Renaud Camus.


Un dernier éclaircissement : Loin de vouloir paraître prétentieuse (d'ailleurs j'attends avec impatience les commentaires qui se chargeront de me faire mon affaire quant au contenu de cette liste), quand je cite un auteur et pas un livre, c'est parce que je mange (pardon) lis beaucoup et surtout que je ne peux m'empêcher de tout lire quand un auteur me plaît (c'est mon côté fainéante, ça m'évite de chercher trop loin).

dimanche, 20 mai 2007

60 - A propos de la bédé

Avec la bédé que je me suis achetée hier, vous savez, Valentine, eh bien il y avait trois bracelets en tissu d'offerts, le genre à la mode, avec des messages très pénétrants, comme vous pouvez le constater :

medium_19052007.jpg

Vous pouvez cliquer sur la photo pour l'agrandir, mais je vous aide un peu quand même :
le rose : "Ceci est un string"
le orange : "Kicékim'aime" (un coeur)
le bleu : "Envie d'un chéri (+ coeur brisé)"

Bien entendu, c'est D. qui, après m'en avoir suppliée, en a hérité...

vendredi, 18 mai 2007

56 - Achats, même pas pour moi (enfin presque...)

Suis passée par La Boîte à Livres, il y a quelques instants juste le temps de rentrer pour vous raconter), pour acheter un livre à une amie, à l'origine, j'en ai également pris un pour mon ami et j'ai craqué pour une bêtise que beaucoup de mes lecteurs vont réprouver (mais je maintiens le cap).

*
***********

medium_fous_de_l_inde.jpgLe livre que je souhaite offrir à D. est Fous de l'Inde, de Régis Airault, édité chez Payot. D. est celle de mes amis qui s'amuse à aller en Inde comme elle change de chemise, et accessoirement je l'ai choisie pour guide puisqu'elle a l'intention d'y retourner dans les deux années qui viennent, et qu'il m'aura bien fallu tout ce temps pour me faire à l'idée. De plus, il se trouve qu'après avoir discuté un peu avec mon futur directeur de recherches de possibles sujets de mémoire pour mon Master, nous nous sommes plus ou moins arrêtés sur les origines des relations de l'Angleterre avec l'Inde (un poil avant le début de la Compagnie des Indes, avec éventuellement une possibilité d'étude sur un personnage qui a l'air très intéressant, Thomas Coryate, qui a voyagé jusqu'à rencontrer le Grand Mogol). Je tiens donc à ce que qu'elle retravaille bien son sujet, afin de savoir où m'emmener exactement (mais je lui fais entièrement confiance, dans la mesure où elle y a déjà passé 8 mois en deux fois...).

La quatrième de couverture, pour vous mettre un peu l'eau à la bouche : 

     L'Inde rendrait-elle fou ? Un psychiatre, Régis Airault, a constaté que, de Bombay à Goa, de Delhi à Pondichéry, un véritable syndrome indien touche les Occidentaux - pour la plupart des adolescents et des jeunes adultes - qui se rendent dans ce pays. Là plus qu'ailleurs, et de manière plus spectaculaire, il semble que notre identité vacille.
     Des personnes jusque là indemnes de tout trouble psychiatrique éprouvent soudain, sans prise de drogue, un sentiment d'étrangeté et perdent contact avec la réalité. plus curieux : ces troubles sont presque tous sans lendemain. Revenu chez lui, le voyageur en garde même un bon souvenir et, quelque temps plus tard, il n'a souvent plus qu'une idée en tête : retourner en Inde...
     Qu'est-ce donc qui nous attire en Inde ? Pourquoi sommes-nous si fragiles là-bas ? Et que nous apprend sur nous-mêmes cette expérience qui transforme en profondeur notre vision du monde ?

Et les toutes premières pages :

"L'Inde chante, n'oubliez pas cela, l'Inde chante." Henri Michaux

Prologue

     Une vieille légende indoue raconte qu'il fut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Comme ils abusèrent de ce pouvoir, Brahma, le maître des dieux, décida de le leur retirer et de le cacher dans un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Oui, mais où ?
     Brahma convoqua en conseil les dieux mineurs pour résoudre ce problème.
     - Enterrons la divinité de l'homme, proposèrent-ils.
     Mais Brahma répondit :
     - Cela ne suffit pas, car l'homme creusera et trouvera.
     Les dieux répliquèrent :
     - Dans ce cas, cachons-là tout au fond des océans.
     Mais Brahma répondit :
     - Non, car tôt ou tard l'homme explorera les profondeurs de l'océan. Il finira par la trouver et la remontera à la surface. 
     Alors les dieux dirent :
     - Nous ne savons pas où la cacher, car il ne semble pas exister sur terre ou sous la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour.
     Mais Brahma répondit :
     - Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.
     Et depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme explore, escalade, pmonge et creuse, à la recherche de quelque chose qui se trouvent en lui.

Introduction - Le syndrome indien

"En Inde, beaucoup de gens se perdent [...] c'est un pays qui est fait exprès pour cela." Antonio Tabucchi

Bon, je m'arrête là, parce que sinon je vais abîmer le livre et tout vous retranscrire, ce qui n'est pas le but. Dans la suite de l'ouvrage, l'auteur décrit tout un tas de cas (puisqu'il est psychiatre) qu'il a eu à traiter en Inde. Cela a l'air à la fois étrange, amusant, attirant, envoûtant... Et ça donne envie d'aller en Inde à notre tour pour savoir ce qu'on a envie d'y chercher...

************

medium_chamanes_de_la_prehistoire.jpgLe livre qui m'a sauté dessus quand je suis passée devant le présentoir et à propos duquel je me suis dit qu'il plairait certainement à J. est de Jean Clottes et David Lewis-Williams, Les chamanes de la préhistoire (collection Points, aux éditions du Seuil).

Quatrième de couverture :

     Partout dans le monde, à toutes les époques, les hommes ont cherché à entrer en contact avec les esprits par l'intermédiaire des chamanes et de leurs voyages pendant la transe. Il était donc légitime de chercher à discerner la part de ces pratiques dans l'art préhistorique des cavernes.
     Paru en 1996, le livre Les chamanes de la préhistoire a fait date : sans constituer le chamanisme en explication unique, il avance des hypothèses et ouvre des pistes intéressantes. Accueilli avec passion en France et à l'étranger, il a aussi trouvé des détracteurs et fait naître des polémiques.

************

medium_acide_sulfurique.jpgEt enfin, pour moi, j'ai cédé à la tentation du Nothomb de 2005, j'ai nommé Acide Sulfurique. Je sais que tout le monde va me huer, je m'en fiche, moi j'aime bien, elle me fait rire, elle est cynique et finalement acide, comme le titre de ce bouquin, et j'ai hâte de découvrir quelle perversion ce cache à l'intérieur. Juste par souci d'équité, la quatrième de couverture : "Vint le moment ou la suffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle."

dimanche, 06 mai 2007

42 - L'Epuisant Désir... la suite.

J'ai réessayé de continuer la lecture de L'Epuisant Désir... de Renaud Camus et, (plus ou moins) étrangement, ça ne vient toujours pas. Cela m'a fait prendre conscience d'un fait : d'ordinaire, j'apprécie en général (de façon certes assez mitigée, mais tout de même) à peu près tous les livres que je lis. Il ne m'arrive que très rarement d'en trouver un mauvais. Il faut savoir que je choisis moi-même les livres que je lis, je les achète le plus souvent, et je les lis assez rapidement. Je suppose donc que je ne choisis que ce que j'ai envie de lire, ou ce dont j'ai besoin, ce qui expliquerait que je ne sois que rarement déçue. La dernière déception dont je me souvienne, à vrai dire, date de quelques années, maintenant, le livre s'appelait "Le Secret" (je ne me souviens même plus de l'auteur, mais si cela intéresse quelqu'un, je peux le retrouver puisque le livre, lui, est toujours dans ma bibliothèque), c'était nul, et quand j'y repense, c'était une des vendeuses de la Boîte à Livres qui me l'avait conseillé. Tu parles d'un conseil ! Maintenant je demande toujours à la même vendeuse (une autre, bien sûr), et je ne suis jamais déçue (pour changer). Finalement, je ne lis pas les livres qui me semblent chiants. C'est peut-être le secret du bonheur littéraire. Cela fait que je lis plein de choses très différentes, qui ne flirtent pratiquement jamais avec la philosophie ou tout autre sujet sérieux (à part l'histoire, bien entendu), et aimant toujours autant lire, je dévore toujours plus.

mardi, 01 mai 2007

38 - Lecture moyennement "plaisir"

Il y a deux ou trois jours, j'ai entrepris la lecture de L'Epuisant Désir de ces choses, de Renaud Camus. C'est très particulier, voyez-vous. Cela a beau être un roman (c'est à peu près la seule chose que j'y ai compris), c'est difficile. Enfin, difficile. Je comprends ce que je lis, quand même, mais bon, c'est... c'est LABORIEUX, voilà. Le désir ne vient principalement que du conseil, et il est épuisant, en effet. Peut-être n'ai-je pas la sensibilité requise, mais il me faut beaucoup de longues minutes pour achever les chapitres un à un (pas trop en même temps) et c'est plutôt avec soulagement que je referme le livre à chaque fois. C'est pourtant très bien écrit ! (Quoique, à mon sens, R. Camus fasse souvent de brillantes démonstrations de ce certains me reprochent régulièrement : des phrases trop longues et parfois incompréhensibles. Je ne trouve pas que l'hermétisme, lorsque l'on désire être publié, soit la meilleure des tactiques. Mais Renaud Camus est, paraît-il "le grand auteur français de notre époque", et il peut bien se permettre, en tant que tel, de se priver de la majorité des rares lecteurs de vrais livres qui subsistent de nos jours.) Quoiqu'il en soit, j'ai terminé le quatrième chapitre et ça ne "démarre" toujours pas. Où va-t-on ? J'aimerais bien le savoir... Quand je pense à la quatrième de couverture si alléchante, et que je me revois la lire fébrilement en sortant de la bibiliothèque universitaire, juste après récupéré l'ouvrage (poussièreux, au passage) provenant des "magasins"...

Je me souviens avoir relu une phrase cinq ou six fois sans en comprendre le sens, ne la trouvant même pas syntaxicalement correcte (je sais, je sais, et j'admets volontiers que là, j'ai très certainement tort. A moins que ce ne soit une erreur d'impression ?). Il y a également des paragraphes entiers que je survole d'un oeil ennuyé (pendant que l'autre tente vainement de faire le boulot tout seul et de rappeler son collègue à l'ordre). Enfin, je me suis surprise il n'y a pas deux heures, en refermant ce livre après avoir fini de "survoler" le quatrième chapitre, à laisser échapper un ténu "Merde, mais c'est chiant, ce bouquin !"

dimanche, 29 avril 2007

36 - Pierre Jourde, Carnets d'un voyageur zoulou dans les banlieues en feu

     Il était une fois une jeune fille blonde à la peau très claire qui se rendait à la piscine au Centre municipal des Sports. On était au mois de décembre, il faisait donc assez frais, et notre jeune amie était en conséquence couverte (presque) de la tête aux pieds, d'un bon jean, un gros pull à col roulé et d'un manteau sans forme lui tombant aux genoux. Attendant son bus à l'entrée du quartier « populaire » où se trouve le Centre municipal des Sports en question, elle fut soudain tout à fait malgré elle le centre d'une courte mésaventure que je vais vous compter.
    
Une voiture rouge (toute pourrite, mais bon, ce n'est pas la question, nous ne sommes pas là pour discuter de la façon d'entretenir son véhicule) s'arrêta pila brusquement devant l'abri-bus, et le passager assis à l'avant de la voiture ouvrit sa fenêtre. Il demanda fort aimablement à la demoiselle si elle désirait qu'on la dépose quelque part. Cette dernière déclina poliment la proposition en souriant. Le jeune homme insista, aidé par le conducteur de l'automobile (qui n'avait, rappelons-le, rien d'un taxi). Notre jeune amie refusa à nouveau. C'est alors que la portière avant-droite s'ouvrit violemment et que le ton du jeune homme changea : « Dis-donc, espèce de pute, tu vas monter !! » La jeune fille, quelque peu effrayée désormais, se demanda si elle devait partir en courant (alors qu'elle n'aurait jamais fait le poids contre deux gaillards en voiture, fut-elle pourrave) ou rester calme en espérant que l'histoire n'irait pas plus loin. C'est alors que, pendant que le passager commençait à sortir de la voiture, le conducteur d'un autre véhicule, qui avait fait son apparition une minute auparavant, se mit à klaxonner pour signifier qu'il souhaitait avancer et n'avait pas que cela à faire d'attendre gentiment. Le passager de la poubelle rouge, après une certaine hésitation, remonta donc en voiture et cette dernière redémarra en trombe laissant la pauvre enfant de vingt ans à peine retomber sur le banc de l'abri-bus en tremblant.  

" ... une jeune fille s'assit en face de lui. Elle était très jolie, la peau très sombre, de longues tresses sur les épaules. Elle se plongea dans un livre. Elle devint immédiatement le centre de l'attention des jeunes qui occupaient les banquettes voisines. Ils se mirent à multiplier les agaceries, les moqueries, les remarques obscènes et les bruits de bouche suggestifs. La jeune fille affectait de les ignorer. L'un des jeunes blonds s'approcha tout près d'elle et lui proposa des relations sexuelles en des termes très crus. La jeune fille se leva et alla se réfugier à l'autre bout du wagon. Elle dut pour cela contourner le jeune homme, qui s'amusait à faire semblant de lui barrer le passage.
     Ce départ suscita un flot d'injures ordurières, où il apparaissait que la jeune fille était une sale Nubienne, doublée d'une grosse pute, et par-dessus tout qu'elle était raciste. »

Ce passage est un extrait du « voyageur zoulou », troisième chapitre des Carnets d'un voyageur zoulou dans les banlieues en feu de Pierre Jourde, dont voici la quatrième de couverture :

La Nubie est une vieille république d'Afrique, de tradition musulmane, mais convertie depuis longtemps à la laïcité. Une forte proportion de Nubiens est issue de l'immigration belge, venue des plaines misérables de Flandre et de Wallonie. Or, la Nubie peine à intégrer cette population, notamment les jeunes. Les fortes traditions catholiques des Belges se heurtent à la laïcité. Dans les banlieues, on croise de plus en plus de grandes femmes blondes empaquetées dans des jupes plissées grises et des lodens bleu marine. Des bandes de jeunes Belges font régner l'insécurité dans les faubourgs des grandes villes, mettent les chansons d'Annie Cordy à plein volume sur leurs autoradios, attaquent les pompiers et la police. L'antisémitisme progresse dangereusement parmi eux. Heureusement, ce n'est pas en France que de telles choses pourraient se produire.

La dernière phrase de ce résumé est la seule qui évoque (implicitement par ailleurs) le lien entre ce court ouvrage et l'état actuel des mentalités dans notre beau pays. Pour un peu, on se croirait presque dans un vrai documentaire, et l'on refermerait le livre en se demandant quand les Ricains se décideront à remettre ce pauvre pays en ordre.

Joude fait naître le rire à chaque page tournée, certes, mais ce rire est spontanément jauni par le réalisme des propos qu'il tient. Qui ne se sent pas agressé régulièrement aujourd'hui, et opprimé par la bonne conscience ambiante qui interdit de déplorer certaines choses, auxquelles on n'a même plus le droit de donner un nom ? L'auteur de cette centaine de pages ironiques en a le courage, et dresse, sans sombrer dans le racisme (dont sont souvent accusé les électeurs « de droite » par les « intellectuels de gauche »), « le constat d'un pays éclaté, où plus les symptômes s'aggravent, moins il est permis de nommer la maladie, ni même de montrer qu'on l'a repérée. » On se prend à vouloir à son tour dénoncer le « flicage mental des antiracistes de profession » à cause desquels « nous sommes arrivés à un tel degré de non-dit » et de « déni du réel ». *

* Les passages entre guillemets des deux dernières phrases sont extraits de la note de Didier Goux, « Le Jourde gloire est arrivé ».

P.S. : Et je me trouverais presque une auréole autour de la tête à persister dans le vote blanc quand je me retrouve autant dans le récit de Pierre Jourde...

12:25 Publié dans Livres plaisirs | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Jourde

mercredi, 25 avril 2007

33 - The show must go on...

... c'est tout ce que je dirai de la semaine qui vient de s'écouler. Pour le reste, désolée de l'attente que j'ai pu susciter, on n'a qu'à dire que je vais essayer de me reprendre en main, et que ça comblera le déficit (en même temps j'ai eu autant de commentaires, ou presque, pendant cette semaine blanche que durant les précédentes).

Dans l'ordre :

J'ai vu avec mon amie C. le film "The Come back" (la bande-annonce ici), en version originale, dimanche soir à Paris, en utilisant le pot de pop-corn "hudge" et mon genou droit pour me cacher les sous-titres (Gosh, que les films sont mal traduits...). Je vous arrête tout de suite, pas la peine de vous récrier ("Quelle horreur ! la Schtroumpfette a craqué, elle nous montre enfin qu'elle n'est finalement rien de plus qu'une blonde qui se donne des airs, etc."), du point de vue qui me l'a fait apprécier, ce film est LE film de la DECENNIE (non je n'exagère pas). Rien que le générique donne le ton, avec ce clip façon eighties où l'on voit Hugh Grant se trémousser et donner ces coups de hanches rendus célèbres par "Love Actually" (mon film préféré de tous les temps, parce qu'il me laisse un sourire jusqu'aux oreilles pour des heures à chaque fois). J'ai ri aux éclats dès les premières secondes, tout oublié de ce qui me rendait grisâtre depuis des jours, et cela ne s'est pas arrêté avec la fin du film, j'ai enfin pu passer une vraie nuit de sommeil sans me réveiller plusieurs fois en nage. BREF, si vous cherchez LE film remonte-moral du siècle, c'est celui-là.

Dans le train du retour, j'ai lu les deux tiers environ du livre de Pierre Jourde, généreusement offert par Didier Goux, Carnets d'un voyageur zoulou dans les banlieues en feu. C'est tout comme il l'a décrit sur son site, mais j'attends la fin pour vous donner deux ou trois courts extraits choisis, ainsi que mes impressions finales.

J'ai acheté mon billet d'avion pour New York (je pars en juin, je vais enfin pouvoir vérifier si mon niveau attesté au TOEIC n'est pas usurpé) (mais je ne crois pas) (non en fait je le sais : je suis douée) (oui je suis prétentieuse, et alors ?), le guide Lonely Planet Citiz sur New York et le tome 8 de Gossip Girl, Ma meilleure ennemie.Je suis enchantée à l'idée de passer cette dizaine de jours dans la Grosse Pomme, pour la deuxième fois, mais cette fois je vais pouvoir en profiter vraiment. A moi le Met (aux chiottes le MoMa) (et vive l'OM) (aux chiottes le PSG) (etc.), the 5th Avenue, le Met and the 5th Avenue. Central Park, aussi. (Mais je ne cèderai pas au rituel du footing.) Et les ptits restaus sympas avec Hélène, qui va m'accueillir si gentiment (note à tous ceux qui prévoient un voyage à New York, mais cela vaut aussi pour Londres : profiter de ce qu'un ami y réside quelque temps pour y aller, vous économiserez ainsi une énorme somme pour le logement) (à reconvertir de façons diverses et variées en parcourant la cinquième Avenue) (où il n'y a pas que des magasins, je le dis en passant, mais également le Met (YESSS)... bon et le MoMa aussi). 

Pour l'heure je termine la rédaction d'une partie d'exposé sur le vin de messe (sujet exact : "Le vin : une boisson eucharistique").  Puis mon cher et tendre va me rejoindre, nous allons débattre d'un sujet qui est à l'origine d'un léger cassage d'assiettes d'hier soir (non, j'exagère, je suis juste partie en claquant la porte, sans dire au revoir, et sans l'embrasser) : les causes de l'homosexualité. Oui, je sais, on se prend bien la tête pour rien quand on est blonde et qu'on a l'amoureux le plus formidable du monde. Ensuite, dès que j'aurai réalisé que 'bien sûr, qu'il n'est pas un connard de faschiste homophobe" (puisque, je le sais déjà, c'est moi qui ai mal compris ses propos, n'ai pas fait l'effort de le laisser s'expliquer et en plus ai proféré une jolie connerie) (la connerie étant, n'ayons pas peur de la honte qui n'a jamais tuer personne, de dire que l'on naissait homosexuel, hors l'homosexualité n'est pas génétique, et à ce jour les diverses expériences scientifiques réalisées ont plutôt prouvé que l'homosexualité n'avait pas de cause biologique que le contraire. On attribuerait plutôt à cette forme de sexualité des causes éducatives, environnementales, bref on devient homosexuel très tôt, mais on ne le naît pas), nous irons au Bateau Ivre écouter un "clash" de reggae, je crois (pour moi aussi, cela va être une expérience nouvelle, je vous livrerai mes impressions demain, promis). Et après... Où se trouve la place des Halles, déjà ? Ah oui, place Gaston Pailhou.

Je vous souhaite à tous une excellente soirée, et m'en vais sans parler politique (puisque tout ce que j'ai à dire, c'est que je suis très déçue, et que si je n'avais pas autant cru à la possibilité d'un autre résultat, j'aurais voté pour Dominique Voynet...).

 PS : Je n'oublie pas que l'Irremplaçable Epouse de Monsieur Goux a émis le souhait, dans un commentaire, de voir une de mes peintures. Cela viendra bientôt.

PS' : Histoire de mettre tout le monde d'accord : l'affirmation fausse parmi les 10 était celle qui stipulait que j'avais eu plusieurs femelles, dont une nommée Bethany. En fait j'ai eu trois femelles (deux combattantes et une guppy, pour aller avec Thrasybule) (mais je n'en évoque que deux dans la réponse, de toute façon cela n'a pas d'incidence), dont DEUX se sont trouvées affublées de ce nom. J'avais prévenu que je faisais dans le détail.

mardi, 03 avril 2007

15 - Plus rien à lire...

Ah si ! Zénobie, de Violaine Vanoyeke, que je n'avais que commencé dans une période d'examens... Je suis bonne pour repartir à zéro. Il me semble, de plus que cela ne m'avait pas enchantée la première fois. Il va falloir renflouer mes stocks pour le mois d'avril. Peut-être est-ce l'occasion de commencer la lecture de Renaud Camus ? (Un ouvrage en particulier à me conseiller, que je pourrais trouver en librairie dans ma chère ville de Tours ?) Je pourrais aussi me lancer une bonne fois pour toutes dans L'économie des cités grecques (même pas sûre que ce soit le titre exact) de Léopold Migeotte, que notre professeur d'Histoire Ancienne plagie de façon éhontée chaque mercredi dès l'aurore. J'emporte Zénobie pour me distraire dans le bus cet après-midi. Pour le reste j'attends de voir (Renaud Camus, qu'on me conseille ; pour l'histoire grecque, une illumination).

dimanche, 01 avril 2007

8 - Nouvelle promise, nouvelle due...

 Adèle, l'apprentie sorcière

Jean Baylis

Texte français de Josette Gontier

Cet après-midi là, à l'heure du goûter, Céline Lambertregardait par la fenêtre. Soudain, quelle ne fut pas sa surprise d'apercevoir trois sorcières traversant le ciel, juchées sur un manche à balais ! Celle du milieu, une adorable petite sorcière, avait un mal fou à retenir son chapeau dans le vent.
«Maman, vins vite voir ! hurla Céline. Il y a des sorcières qui volent dans le ciel !
- Ne fais pas la sotte ! lança sa maman depuis la cuisine. Quand cesseras-tu d'inventer des histoires ?»
Mais Céline avait bel et bien vu, de ses yeux vus, des sorcières !
Si tu lis cette histoire, tu sauras qu'elle disait la stricte vérité...
«Nous y voilà ! dit le grand Sorcier en descendant de son balai. Numéro 22 ! C'est ben ici ! Pas mal, n'est-ce pas ?
- Comme maison, peut-être... grogne Adèle en faisant la moue, mais rien à voir avec notre grotte : nous y étions pourtant si bien !
- Tu as raison, dit maman Sorcière avec un soupir. Mais les hommes ont abattu les arbres de la forêt et construit une route par-dessus notre logis. Il nous faut maintenant vivre comme les humains. C'est ainsi !»
Adèle suit ses parents dans la cuisine. Quelle déception !
«Mais c'est affreux ! s'exclame-t-elle. Il n'y a même pas d'araignées, ni de chauves-souris ! Rien ! Désespérément rien !
- Aucune importance !» déclare le grand Sorcier.
Lui, par contre, a l'air très satisfait de ce nouveau logis...
«En un rien de temps, assure-t-il, cet intérieur nous ressemblera !»
Les sorcières, c'est bien connu, dorment le jour et sortent la nuit. Or ce soir-là, le grand Sorcier décrète qu'on se mettra désormais au lit la nuit, comme les hommes. Adèle fait la tête durant tout le dîner : elle refuse de manger la soupe d'ortie et le ragoût de coquilles d'escargots.
Jamais, au grand jamais, elle n'aimera vivre dans une maison, dût-elle atteindre l'âge de 932 ans !
Étendue dans son hamac, elle ne parvient pas à trouverr le sommeil. «Que papa et maman fassent semblant d'être des humains, si ça leur plaît, pense Adèle, mais moi je vais sortir faire un tour sur mon balai !»
Ce même soir, Céline est déjà couchée, quand il lui semble entendre parler dans le jardin d'à côté.
«Screugneugneu et abracadabra !» dit une petite voix.
La fillette enfile ses chaussons et descend l'escalier à pas de loup. Vite, dans le jardin !
Se hissant sur la pointe des pieds, elle risque un oeil par-dessus la haie. Dans le jardin voisin se tient une adorable petite sorcière.
«C'est elle !» se dit Céline.
Elle se glisse dans une trouée de la haie et demande :
«Tu es une vraie sorcière ?
- En voilà une question ! s'exclame Adèle, furieuse. Et toi, je suppose que tu es un être humain, tu es toute chaude !» dit-elle en touchant Céline du doigt.
Adèle, la petite sorcière, se met à parler de sa nouvelle maison. «Je la déteste ! Depuis que nous y habitons, tout va de travers. Un vrai désastre ! J'ai des tas d'ennuie, avoue-t-elle. D'ailleurs, au moment où tu es arrivée, j'étais sur le point de faire apparaître des crapauds ! Tu m'as dérangée !»
Elle lève les bras et lance :
«Screugneugneu et abracadabra, Crapauds par ci ! Crapauds par là !»
Soudain le jardin est envahi de crapauds. Gluants... Visqueux... Ils se mettent à coasser d'une voix perçante.
«Bon, je vais m'enovler sur mon balai, annonce Adèle. Si tu me promets de n'en parler à personne, je te montrerai comment ça marche !»
La petite sorcière entraîne Céline dans son garage. Il y a là deux gros balais, côte à côte.
«Ce sont ceux de papa et maman, explique-t-elle. Le mien est tout petit, mais il vole tout de même très vite. Tu as envie de faire un tour ?
- Tu crois ? En chemise de nuit ? Et au beau milieu de la nuit ? s'inquiète Céline.
- Bien entendu ! répond Adèle. Mais, comme nous sommes deux, nous allons prendre le balai de maman. Je sais le conduire !»
Et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Céline se retrouve assise sur le manche à balai, derrière Adèle.
«Lune et étoiles ! Ciel de la nuit ! Laissez mon balai s'envoler !»
Soudain le balai de maman Sorcière se met à faire un drôle de bruit. Il vrombit, secoue ses passagères, et s'élance dans le ciel à toute allure.
Plus haut ! Encore plus haut !
«Mon cher, tu vas beaucoup trop vite ! fait remarquer Adèle au balai.
- Dis-lui de ralentir ! supplie Céline.
- Il suffit de tourner ce truc !» déclare Adèle en actionnant un bouton placé devant elle.
Mais au lieu de freiner, voilà que le balai accélère de plus belle et ses deux passagères se retrouvent bientôt si haut, au-dessus des nuages, qu'elles n'aperçoivent même plus la terre.
«En fait, tu ne sais même pas comment ça marche ? demande Céline, au bord des larmes.
- Pas vraiment ! reconnaît la petite sorcière. Qu'allons-nous devenir ?»
Et elles tournent et elles tournent, à la manière des fusées des feux d'artifice. Céline a mal au coeur, comme le jour où elle est montée sur le grand-huit, à la foire.
«Ça y est ! Je m'en souviens !» crie tout à coup Adèle.
Elle prononce la formule magique : «Screugneugneu balai freine, screugneugneu et abracadabra.» Le balai fait entendre des grincements et ralentit en perdant de l'altitude. Enfin, l vole à une vitesse raisonnable. Céline et Adèle en profitent pour regarder aux alentours.
«Tu sais, avoue Adèle, je n'avais jamais volé aussi haut !»
Elles sont si près des étoiles qu'elles pourraient presque les attraper ! Dans le lointain clignotent les lumières de la ville. Quel spectable merveilleux !
Maintenant qu'Adèle maîtrise son engin, elles s'amusent comme des folles ! En avant ! En arrière : en arrière ! En avant ! Que c'est drôle de voler la tête en bas !
«Si nous volions jusque chez moi ? propose Céline. Je pourrais dire bonjour à ma maman !»
Mme Lambert est en train de faire la vaisselle devant sa fenêtre. Soudain elle écarquille les yeux... Non, ce n'est pas un rêve, c'est bien Céline qu'elle vient d'apercevoir ! Sa petite Céline, en train de voler ! Sur un manche à balai !
«Ma chérie !» appelle Mme Lambert en se précipitant dehors en chaussons.
Là, elle découvre un spectacle qui la laisse bouche bée : une sorcière et un grand sorcier marchent sur le trottoir !
«Descends tout de suite ! crie le grand sorcier en agitant sa cape avec fureur.
- Mais c'est ma Céline qui est là-haut ! Faites quelque chose !» supplie Mme Lambert.
Mais le balai poursuit sa route. De plus en plus haut, et hop ! en bas ! De-ci, de-là ! Comme une joyeuse sarabande dans le ciel étoilé.
«Il n'y a rien à faire, déclare maman Sorcière d'une voix tranquille. Essaie à tout hasard la formule magique, dit-elle à son époux. On ne sait jamais...
- Poussière d'étoiles ! Poussière de lune ! Attrapez ces deux petites filles et ramenez-les ici !»
Papa Sorcier lève les bras, et une longue traînée de poussière d'étoiles s'élance dans le ciel. Elle entoure le balai et ramène doucement les deux petites désobéissantes sur la terre.
Elles se posent dans une grande secousse au beau milieu du jardin de Mme Lambert. Céline lève les yeux vers sa maman.
«Quand je te disais que j'avais vu passer des sorcières...»
Tout le monde s'étant mis à parler en même temps, personne ne remarque qu'Adèle, la petite sorcière, et Céline se glissent dans le fond du jardin.
Cette fois, pas le plus petit crapaud en vue !
«J'ai l'impression de ne plus avoir d'ennuis, dit Adèle. Parce que tu es mon amie...»
Après tout, ce n'est pas si désagréable de vivre dans une maison ! pense-t-elle en souriant.

Paris, Hachette, Bibliothèque Rose, 1988.

vendredi, 30 mars 2007

4 - Lu peu de temps avant l'ouverture de ce blog (2)

 Amin Maalouf, Le premier siècle après Béatrice.

Que peut-il arriver lorsque des sortilèges millénaires se conjuguent à une science moderne aussi performante que dépourvue d'éthique ? Au départ, il y avait de mystérieuses fèves, réputées favoriser les naissances de garçons, trouvées par le narrateur sur un marché égyptien. Puis ce fut la raréfaction, un peu partout, des naissances féminines. Commença alors l'épopée d'un homme passionnément attaché à la «féminité du monde»...

Le romancier de Samarcande, des Jardins de Lumière, prix Goncourt 1993 pour Le Rocher de Tanios, nous conte ici avec tendresse et humour une fable sur la folie des hommes.

"Un roman d'anticipation nourri de toutes les peurs du présent."
Alain Jacob dans Le Monde.

"On referme avec un serrement de coeur ce livre passionnant qui passe de la légèreté au drame."
Josette Alia dans
Le Nouvel Observateur.

Amin Maalouf ne se contente pas de demander ce qu'il adviendrait de nous si la population régressait jusqu'au point de non retour ; il aborde sans détour les idées gênantes, la séparation «horizontale» Nord/Sud et ce que cette fracture deviendrait en 2020 si on n'y fait rine maintenant. Il nous rappelle que l'opinion publique a sans cesse besoin de neuf et que pour elle le sang versé trop fréquemment est lassant... Il propose plusieurs façons de penser, dont celle qui consiste à ne pas penser, mais plutôt se contenter de regarder les événements d'en-haut (comme le narrateur du haut de sa montagne) – le monde court de toute façon à sa perte et violence et folie n'en sont que les signes irréversibles.

J'ai également lu hier soir, dans la foulée, l'article de J.-C. FRANCOIS et F. POUPEAU paru dans Le Monde diplomatique de Mars 2007 (que je suis d'ailleurs loin d'avoir terminé... no comment) : «Carte scolaire, les enjeux d'un débat mal posé». Les deux récits m'ont laissées d'humeur plutôt mitigée, avec une insupportable sensation d'impuissance... Ainsi donc nous ne savons que parler, mais pas agir. C'est rageant. Le pire est que sur certains sujets, on peut encore débattre longtemps, parce que l'on s'est mis dans un tel pétrin qu'il y a peu de chances de s'en sortir. L'école, par exemple, sensée être un instrument d'apprentissage et d'intégration, tend à devenir de plus en plus (comme aux Etats-Unis) un marché où se disputent celles qui peuvent offrir les meilleures locations, dans les quartiers bourgeois, là où on est bien sûr de ne pas faire fréquenter à ses enfants ceux qui pourraient «déparer» ; au lieu de ne penser qu'à améliorer sans cesse la qualité de l'enseignement (franchement diminué par la politique de nivellement par le bas du gouvernement, soit dit en passant... j'ai souvent considérée ma mère comme une femme très intelligente et savante, mais d'un autre monde, mais force m'est de constater que sur un point au moins, et même plusieurs en vérité, elle a raison : «à mon époque» encore on étudiait Voltaire, comme à la sienne ; aujourd'hui on préfère rendre l'enseignement plus abordable plutôt que d'encourager les enfants à se surpasser. Combien ne savent même pas lire correctement en entrant en 6e de nos jours ? Alors de là à lire Voltaire, ou n'importe quel autre, d'ailleurs...). L'école a besoin de moyens, et tant que cette priorité n'en sera pas une aux yeux du gouvernement, peu de problèmes trouveront une solution, à mes yeux (je parle du cas français). Ce n'est pas en cloitrant les «mauvais éléments» dans leurs «ghettos» et en leur envoyant de jeunes profs tétanisés ne sachant comment s'y prendre qu'on apprendra à tous ces jeunes comment s'en sortir et viser plus haut que ce qu'ils voient tous les jours. Il n'y a pas de raison qu'il soient de naissance plus bêtes que les autres, il n'y en a pas non plus de les confiner dans ce rôle.

Malheureusement parler ne sert pas à grand chose, et combien de voix se taisent, découragées d'avance, au lieu de s'élever courageusement pour faire changer les choses, et pas seulement «faire avancer le débat» ?

3 - Lu peu de temps avant l'ouverture de ce blog (1)

Milan Kundera, La valse aux adieux.

Dans une ville d'eaux au charme suranné, huit personnages s'étreignent au gré d'une valse qui va s'accélérant : une jolie infirmière ; un gynécologue fantaisiste ; un richard américain (à la fois saint et don Juan) ; un trompettiste célèbre ; un ancien détenu, victime des purges et sur le point de quitter son pays... Un "songe d'une nuit d'été". Un "vaudeville noir". Les questions les plus graves y sont posées avec une blasphématoire légèreté qui nous fait comprendre que le monde moderne nous a privés même du droit au tragique.

"... il est difficile d'imaginer quelque chose de plus glaçant et de plus profond que la légèreté apparente de Kundera."
(Elizabeth Pochoda dans la préface à l'édition américaine)

Voilà pour le résumé. Un extrait, maintenant, juste pour mon propre plaisir, et aussi pour faire découvrir la plume acide de ce magnifique auteur tchèque :

  • Pensez-vous qu'il y ait une différence entre les blondes et les brunes ? dit Bertlef, sceptique sur l'expérience féminine du docteur Skreta.

  • Je vous crois ! dit le docteur Skreta. Les cheveux blonds et les cheveux noirs, ce sont les deux pôles de la nature humaine. Les cheveux noirs signifient la virilité, le courage, la franchise, l'action, tandis que les cheveux blonds symbolisent la féminité, la tendresse, la faiblesse et la passivité. Donc une blonde est en réalité doublement femme. Une princesse ne peut être que blonde. C'est aussi pour cette raison que les femmes , pour être aussi féminines que possible, se teignent en jaune et jamais en noir.

  • Je serais très curieux de savoir comment les pigments exercent leur influence sur l'âme , dit Bertlef d'un ton dubitatif.

  • Il ne s'agit pas des pigments. Une blonde s'adapte inconsciemment à ses cheveux. Surtout si cette blonde est une brune qui se fait teindre en jaune. Elle veut être fidèle à sa couleur et se comporte comme un être fragile, une poupée frivole, elle exige de la tendresse et des services, de la galanterie et une pension alimentaire, elle est incapable de rien faire par elle-même, toute délicatesse au-dehors et au-dedans toute grossièreté. Si les cheveux noirs devenaient une mode universelle, on vivrait nettement mieux en ce monde. Ce serait la réforme sociale la plus utile que l'on ait jamais accomplie.

Je laisse à chacun le soin de faire ses propres recherches sur Kundera et ses goûts. Sachez seulement que, comme toujours, il aborde ici quelques uns de ses thèmes de prédilection : la vie (la grossesse), la mort (l'avortement, le meurtre, le suicide), la persécution dans son pays, l'art, la philosophie, mais aussi la religion, qui est ici quelque peu malmenée, d'ailleurs, par l'Américain qui la vit comme bon lui semble.

Une raison de plus dans ma bibliothèque pour avoir toujours plus envie de visiter Prague (pourquoi pas via Erasmus l'année prochaine ?)