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vendredi, 30 mars 2007

4 - Lu peu de temps avant l'ouverture de ce blog (2)

 Amin Maalouf, Le premier siècle après Béatrice.

Que peut-il arriver lorsque des sortilèges millénaires se conjuguent à une science moderne aussi performante que dépourvue d'éthique ? Au départ, il y avait de mystérieuses fèves, réputées favoriser les naissances de garçons, trouvées par le narrateur sur un marché égyptien. Puis ce fut la raréfaction, un peu partout, des naissances féminines. Commença alors l'épopée d'un homme passionnément attaché à la «féminité du monde»...

Le romancier de Samarcande, des Jardins de Lumière, prix Goncourt 1993 pour Le Rocher de Tanios, nous conte ici avec tendresse et humour une fable sur la folie des hommes.

"Un roman d'anticipation nourri de toutes les peurs du présent."
Alain Jacob dans Le Monde.

"On referme avec un serrement de coeur ce livre passionnant qui passe de la légèreté au drame."
Josette Alia dans
Le Nouvel Observateur.

Amin Maalouf ne se contente pas de demander ce qu'il adviendrait de nous si la population régressait jusqu'au point de non retour ; il aborde sans détour les idées gênantes, la séparation «horizontale» Nord/Sud et ce que cette fracture deviendrait en 2020 si on n'y fait rine maintenant. Il nous rappelle que l'opinion publique a sans cesse besoin de neuf et que pour elle le sang versé trop fréquemment est lassant... Il propose plusieurs façons de penser, dont celle qui consiste à ne pas penser, mais plutôt se contenter de regarder les événements d'en-haut (comme le narrateur du haut de sa montagne) – le monde court de toute façon à sa perte et violence et folie n'en sont que les signes irréversibles.

J'ai également lu hier soir, dans la foulée, l'article de J.-C. FRANCOIS et F. POUPEAU paru dans Le Monde diplomatique de Mars 2007 (que je suis d'ailleurs loin d'avoir terminé... no comment) : «Carte scolaire, les enjeux d'un débat mal posé». Les deux récits m'ont laissées d'humeur plutôt mitigée, avec une insupportable sensation d'impuissance... Ainsi donc nous ne savons que parler, mais pas agir. C'est rageant. Le pire est que sur certains sujets, on peut encore débattre longtemps, parce que l'on s'est mis dans un tel pétrin qu'il y a peu de chances de s'en sortir. L'école, par exemple, sensée être un instrument d'apprentissage et d'intégration, tend à devenir de plus en plus (comme aux Etats-Unis) un marché où se disputent celles qui peuvent offrir les meilleures locations, dans les quartiers bourgeois, là où on est bien sûr de ne pas faire fréquenter à ses enfants ceux qui pourraient «déparer» ; au lieu de ne penser qu'à améliorer sans cesse la qualité de l'enseignement (franchement diminué par la politique de nivellement par le bas du gouvernement, soit dit en passant... j'ai souvent considérée ma mère comme une femme très intelligente et savante, mais d'un autre monde, mais force m'est de constater que sur un point au moins, et même plusieurs en vérité, elle a raison : «à mon époque» encore on étudiait Voltaire, comme à la sienne ; aujourd'hui on préfère rendre l'enseignement plus abordable plutôt que d'encourager les enfants à se surpasser. Combien ne savent même pas lire correctement en entrant en 6e de nos jours ? Alors de là à lire Voltaire, ou n'importe quel autre, d'ailleurs...). L'école a besoin de moyens, et tant que cette priorité n'en sera pas une aux yeux du gouvernement, peu de problèmes trouveront une solution, à mes yeux (je parle du cas français). Ce n'est pas en cloitrant les «mauvais éléments» dans leurs «ghettos» et en leur envoyant de jeunes profs tétanisés ne sachant comment s'y prendre qu'on apprendra à tous ces jeunes comment s'en sortir et viser plus haut que ce qu'ils voient tous les jours. Il n'y a pas de raison qu'il soient de naissance plus bêtes que les autres, il n'y en a pas non plus de les confiner dans ce rôle.

Malheureusement parler ne sert pas à grand chose, et combien de voix se taisent, découragées d'avance, au lieu de s'élever courageusement pour faire changer les choses, et pas seulement «faire avancer le débat» ?